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Analyse · Thomas Cadalen · 3 oct. 2026

Make ou n8n : ce que chacun facture vraiment

Make compte chaque module, n8n chaque exécution : sur un même scénario, l'un compte dix fois plus que l'autre. Le calcul, les limites, et comment choisir.

Make et n8n se ressemblent : deux éditeurs visuels, des connecteurs par centaines, des scénarios qui relient vos outils. On les compare souvent sur l'interface ou sur le nombre d'applications. Ce qui les sépare vraiment, c'est l'unité qu'ils facturent — et sur un scénario réel, l'un compte dix fois plus que l'autre.

Tarifs et règles relevés sur les pages officielles le 2 octobre 2026.

Deux façons de compter

Make compte chaque module. Depuis le 27 août 2025, l'unité est le crédit : chaque action de module consomme un crédit. Un module qui traite dix éléments tourne dix fois et compte dix crédits. Le déclencheur, lui, ne compte qu'une fois par exécution. Les routeurs et les filtres ne consomment rien.

n8n compte l'exécution entière. Un workflow de trois étapes ou de quarante, avec ou sans boucle, compte pour une exécution. C'est vrai sur n8n Cloud comme en auto-hébergé.

La conséquence est simple : chez Make, enrichir un scénario le renchérit ; chez n8n, ça ne change rien à la facture.

Le calcul sur un cas concret

Une boutique Shopify reçoit 1 000 commandes par mois. Pour chacune, un scénario reçoit la commande par webhook, enrichit le client, puis traite chaque ligne de commande — trois en moyenne — avec deux actions par ligne.

Make n8n
Ce qui est compté par commande 1 déclencheur + 2 modules + 1 itérateur + 2 modules × 3 lignes ≈ 10 crédits 1 exécution
Volume mensuel ≈ 10 000 crédits 1 000 exécutions
Offre nécessaire Core (10 000 crédits) est saturé dès le premier mois : il faut le palier supérieur Starter (2 500 exécutions) suffit
Prix 12 $ / mois pour Core, davantage au palier supérieur 24 € / mois (20 € en annuel)

Sur ce scénario, les deux se tiennent encore. Mais doublez le nombre de lignes par commande, ou ajoutez trois étapes : la facture Make suit, celle de n8n ne bouge pas.

Où Make reste devant

La lisibilité. Un scénario Make se lit comme un schéma. Pour une équipe sans développeur qui devra rouvrir ses automatisations, c'est un vrai atout.

La gestion des erreurs sans code. Réessayer, ignorer, reprendre, valider ou annuler ce qui a été fait : Make propose ces comportements en natif sur chaque module. n8n gère les erreurs par un workflow dédié, plus puissant mais plus technique à mettre en place.

Le catalogue. Plus de 3 000 applications. Si votre logiciel métier n'a de connecteur que chez Make, la question est réglée.

Le prix d'entrée. Pour deux ou trois scénarios courts déclenchés par webhook, l'offre Core à 12 $ par mois est difficile à battre.

Où n8n reprend l'avantage

Les scénarios longs et les boucles, pour la raison de facturation vue plus haut.

Le code. Le nœud Code de n8n exécute du JavaScript et du Python sans surcoût. Chez Make, le module de code n'existe que sur les offres payantes, consomme 2 crédits par seconde et s'arrête à 30 secondes hors offre Enterprise.

Le versionnage. n8n se connecte à Git (offres Business et Enterprise). Make garde un historique des versions sur 60 jours.

L'auto-hébergement. n8n peut tourner sur votre propre serveur — utile pour maîtriser entièrement le lieu de traitement des données ou absorber de très gros volumes. Make n'existe qu'en ligne.

La question des données

Les deux proposent un hébergement européen. n8n Cloud stocke les données à Francfort. Make laisse choisir l'Union européenne (Irlande) ou les États-Unis à la création du compte — mais ses fonctions d'IA et son exécution de code passent par des sous-traitants aux États-Unis, d'après sa propre liste. Si vos scénarios utilisent ces fonctions et que vos données ne doivent pas quitter l'UE, c'est à vérifier avant de construire.

Ma grille de décision

Choisissez Make si vos scénarios sont courts (trois ou quatre modules), déclenchés par webhook, peu nombreux, et doivent être relus par quelqu'un qui n'est pas développeur. Pour le tester : un mois de l'offre Pro offert  en passant par ce lien.

Choisissez n8n si vos scénarios comptent plusieurs étapes, bouclent sur des listes, ont besoin de code, ou si votre facture Make grimpe plus vite que votre activité. En Cloud, sans serveur à tenir, c'est le choix par défaut dans la plupart des cas.

Et dans tous les cas, commencez par compter ce que vos scénarios déclenchent pour rien. Un scénario bien filtré et déclenché par webhook coûte peu, sur n'importe quelle plateforme. Pour une vue plus large, vingt outils d'automatisation comparés sur leur facturation, et l'arbitrage entre n8n et Zapier.

Si vous envisagez de quitter Make ou Zapier pour n8n, voici comment je mène ces migrations.

Questions sur cette page

Make est-il moins cher que n8n ?

Pour un petit scénario de deux ou trois modules déclenché par webhook, oui : l'offre Core de Make coûte 12 $ par mois pour 10 000 crédits. Dès qu'un scénario compte plusieurs modules ou boucle sur des listes, n8n devient moins cher, parce qu'il facture l'exécution entière et non chaque module.

Qu'est-ce qu'un crédit Make ?

Depuis le 27 août 2025, Make facture en crédits : une action de module consomme un crédit. Un module qui traite dix éléments compte dix crédits, et un déclencheur qui vérifie périodiquement s'il y a du nouveau consomme un crédit à chaque vérification, même à vide. Les routeurs et filtres ne consomment rien.

Make héberge-t-il les données en Europe ?

Oui, au choix : Make propose un hébergement aux États-Unis ou dans l'Union européenne (Irlande). En revanche, ses fonctions d'IA et son exécution de code passent par des sous-traitants situés aux États-Unis. n8n Cloud est hébergé à Francfort, et n8n peut aussi être auto-hébergé.

Peut-on migrer de Make vers n8n ?

Oui, mais pas automatiquement : chaque scénario se reconstruit. L'audit préalable vaut le coup, parce qu'il révèle presque toujours des scénarios inutiles qu'il suffit de supprimer, et des déclencheurs en polling qu'un passage aux webhooks rend beaucoup moins chers sans changer d'outil.

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